Drôle d’endroit pour une rencontre
Premier filage avec quelques spectateurs dans la salle. Mes étudiantes en écriture théâtrale à Paris III sont heureuses d’être là ; elles mesurent avec une certaine fébrilité le privilège que leur accorde l’équipe du spectacle : accepter les premiers inconnus et leur montrer un travail pas fini, comme une pierre encore brute, taillée en seulement quelques semaines.
Nicolas Bedos, auteur et metteur en scène, nous accueille de son sourire enfantin. Le sentiment d’être reçus par un cousin éloigné. Guy est derrière moi. Pas star, lui non plus. Il discute avec une étudiante. Mélanie Laurent passe devant le rideau, détend l’atmosphère, brise son trac à coup de sourires en direction de notre petite assemblée. L’étoile montante du cinéma français, qui vient de tourner avec Tarantino, s’offre cette aventure théâtrale qui la grise et la fragilise. Cette petite tempête intérieure, à peine perceptible, est touchante.
Ils commencent mardi leur « Promenade de santé » à la Pépinière théâtre. L’histoire incandescente de deux êtres que l’internement va réunir dans les jardins d’un hôpital psychiatrique. Des âmes sœurs déterminées à brûler la vie par les deux bouts. Elle par le sexe, lui par l’alcool. Quelle place pour l’amour, quand le corps embrume à ce point la tête ? A se demander si ces deux oiseaux trop frêles n’ont pas pour tout cadeau à s’offrir que leurs névroses. On n’en dira pas plus…
Mélanie Laurent accorde sa beauté adolescente et son naturel sans fard à ce personnage qu’elle habite comme un second moi. Elle est certainement ce que le cinéma peut proposer de mieux au théâtre. A ses côtés, Jérôme Kircher, enfant chéri du théâtre subventionné, hier encore à l’Odéon, incarne de sa voix mouillée et ses regards perdus, ce quadra torturé par la vie. Et le moindre de ses gestes est une séduction pour le spectateur. On ne le quitte pas d’une réplique.
Ils n’en sont qu’à leurs premiers pas, mais cette rencontre du cinéma et du théâtre, grâce à cette pièce moderne et vive tricotée par Nicolas Bedos, court inévitablement au succès.
La pépinière théatre – 7 rue Louis Le Grand 75002 Paris (Métro: opéra) Loc. : 01 42 61 44 16
Clins d’œil de la semaine…
Une semaine que je n’ai pas écrit dans ces pages, trop occupé par l’écriture d’une nouvelle pièce, les adieux et les deuils à des êtres chers.
Pourtant, il y a eu quelques moments intenses.
Lundi. SACD. Le Prix « plaisir du théâtre » à Emmanuel Demarcy-Motta, metteur en scène et directeur du théâtre de la Ville, jeune homme brillant, enfant de la balle, qui donne à son parcours un goût de renouveau, d’engagement et de plaisir, aux spectateurs et avec ses acteurs. Le Prix va donc de soi. Remise du Prix « Jean-Jacques Gautier » à Julie-Marie Parmentier. Prix de la jeunesse, de la puissance et du talent. Malgré l’absence de l’intéressée.
Mardi. Le secteur du doublage de films ne se porte pas très bien. « Tu travailles en ce moment ? » « Pas trop. Et toi ? » « Non ». « Il faut attendre le prochain MIP ».
Mercredi. ARTE. « Shoah » de Lanzmann en deux rediffusions de 5 heures. Une éternelle claque. Pour les héros de cette fresque homérique et tragique. Et ce passage où Lanzmann ose aborder un ancien SS dans un bar à bière, lui montrer la photo d’un officier et demander s’il se souvient des cadavres dans les fosses. Un puits sans fond impossible à commenter.
Jeudi. La grande librairie sur la 5 consacrée à Haïti et ses tremblements. « Nous sommes tous des écrivains haïtiens, ce soir. Les mots des écrivains vont sauver Haïti », lance Busnel. Le ridicule ne tue plus. Pas vraiment envie d’être de ceux-là, écrivain, en regardant cette mascarade.
Vendredi. Reçu une lettre de Frédéric Mitterrand. « Merci d’avoir participé au débat sur l’avenir du Livre ». Au revoir. Goût amer de s’être un peu engagé.
Samedi. « Le dernier pour la route » en VOD. Cluzet en acteur rare, scénario bien faible. La VOD a cela de bon. Pas de regrets.
Les années 60 de Mauvignier et Guenassia
A défaut de se précipiter sur les nouveautés de janvier, on peut revenir, avec la liberté que procure l’absence d’articles dans la presse et de courses aux prix littéraires, sur les romans que l’on s’est efforcé de bouder parce que trop vendus, trop prisés, trop vantés.
Sur le grand élastique des années 60 que les romanciers commencent à tirer pour éprouver notre mémoire collective et lancer quelques pierres dans le jardin de la littérature, on retrouve à chaque extrémité Guenassia et Mauvignier.
Ce que l’un propose, l’autre l’évite ; et ce qui fait la force de Mauvignier accentue les faiblesses de Guenassia, et inversement.
Mauvignier pour « Des hommes », un retour en profondeur sur cette mémoire de la guerre d’Algérie qui n’en finit pas de poursuivre ses survivants. Si bien que le passé s’incruste jusque dans les gestes de ces anciens appelés après des années. C’est intense, intime, avec un verbe travaillé qui fait la marque des éditions de Minuit.
Guenassia pour « Le club des Incorrigibles Optimistes », un retour séduisant sur les souvenirs épars et rêvés de ces années 60 marquées par la guerre d’Algérie, mais du côté de la métropole. On croise Kessel et Sartre, on tresse des scoubidous, on va à la piscine Molitor. Le lecteur se laisse aller à cette musique légère et fluide. Un rythme doux, apaisant, presque attachant, des scènes, des personnages, un gros roman douillet.
Bien sûr, les détails de cette épopée de 756 pages sonnent souvent comme des clichés sur l’époque, un saupoudrage glané dans le Quid qui donne à l’ensemble un côté factice et fait de ce roman ambitieux un costume trop petit, oublié dans le placard de l’adolescence. Pourtant, la force de Guenassia est que l’on ne lâche pas son histoire simple, menée à hauteur d’hommes. Et c’est peut-être ce qui finit par manquer à Mauvignier. Pas de clichés chez lui. Tout est puisé dans la profondeur de l’époque, sa documentation est d’une précision d’orfèvre. Mais les scènes qui s’incrustent dans notre mémoire sont celles de la guerre et non celles des personnages qu’il agite.
Le risque serait dans les deux cas qu’à force de tirer sur l’élastique, ce soit le lecteur qui se retrouve avec un bout de caoutchouc dans la main. Cela n’arrive pas, par miracle, et le plaisir est grand chez Mauvignier comme chez Guenassia.
Les garçons et Guillaume , à table !
J’ai connu Guillaume, il y a longtemps. Dans les sous-sols de la Comédie-Française. C’est là que nous étions tous les deux, avec d’autres. Sarah Mesguich, Catherine Mesguich, Laurent Montel, Jacques Poix-Terrier… C’était en 1997. La Vie parisienne, mise en scène par Daniel Mesguich. Nous y chantions tous.
Je me souviens de notre costume avec Guillaume. Tous les deux en Richard III. En alternance sur le début des représentations. J’avais le costume de cuir de Robert Hirsch, Guillaume celui de Michel Aumont. Eux aussi en alternance dans la mise en scène de Richard III de Terry Hands durant les années 70 avec Ludmilla Michael, là où fut conçue Marina Hands… Bottes de cuir à talons « claudiquateurs »…
Je sentais déjà chez Guillaume l’étoffe d’un grand. Grand acteur, peut-être, mais surtout grand artiste, avec un sens du théâtre, du verbe, de l’autre, un don rare.
Depuis, il a fait son chemin. A la Comédie-Française, où il est devenu sociétaire. A Canal Plus, qui lui a offert la notoriété. Au cinéma, qui ne l’emploie pas toujours comme il faudrait… Et puis seul en scène, avec ses textes et son histoire. C’est là qu’il est assurément le plus étonnant, le plus juste, le plus exceptionnel.
« Les garçons et Guillaume, à table ! » raconte Guillaume. C’est lui dans toute sa théâtralité, lui dans sa vie, qui n’est que théâtre, lui au cœur de lui-même, sensible, généreux, touchant, distant par pudeur et élégance, joueur par nécessité. Il tient ses convives en haleine avec des riens, son corps, quelques accessoires, un jeu entre lui et nous, un amas de mots et de situations pour mieux le situer et nous situer dans nos conventions ridicules. Presque du Molière seul en scène sur un caneva peu tissé : « Ma mère voulait que je sois une fille, et il a fallu que je fasse mon coming-out. Maman, je suis un garçon, et j’aime les filles. »
Guillaume reprend son spectacle au Théâtre de l’Athénée du 21 janvier au 20 février.
C’est intelligent et émouvant à y courir plus d’une fois.
Le repas des fauves
La compagnie de théâtre Minus et Cortex avait donné le meilleur d’elle-même, il y a quelques années, avec un « Exercices de style » revisité par le prisme de la télé. L’aventure fut exaltante, pour les protagonistes du spectacle autant que pour les spectateurs, à l’image du succès au long cours de cette farce joyeuse et colorée.
Les piliers de la troupe (Julien Sibre, Stéphanie Hédin et Jérémy Prévost) reviennent, en compagnie de quelques autres, dans un huis clos historico-grinçant. Nous voilà plongés durant deux heures dans les affres d’un repas où les convives doivent désigner deux de leurs camarades et les donner en pâture aux nazis qui attendent sagement que la lâcheté et la trahison fassent leur oeuvre.
Dans un décor bourgeois classique où s’élève au lointain une toile qui s’ouvre sur le monde et s’anime au fil de l’action, Julien Sibre adapte habilement ce drame de l’occupation concocté par Vahé Katcha (porté au cinéma mais jamais représenté sur une scène). L’idée de ce hiatus visuel entre l’intérieur douillet des certitudes et l’extérieur frissonnant des fantasmes totalitaires rend les personnages médiocres et pitoyables.
On se laisse ainsi emporter par les images qui défilent et les sentiments qui sont comme des anguilles sous la roche de cette situation sans âge.
En tournée en Ile de France du 21 au 29 janvier et au théâtre des Variétés à Paris le 1er février (résa : 01 42 33 09 92).
Rapport Zelnik : décevant…
Le rapport Zelnik, intitulé « Création et Internet », vient d’être rendu.
On comprend à sa lecture que ses auteurs et ceux qui ont contribué à sa rédaction ont voulu ménager la chèvre et le chou, dynamiser des secteurs culturels touchés par le boum d’Internet, amadouer des internautes que les pratiques rendent tout-puissants et faire de l’Etat un pivot de cette nouvelle donne qu’il peine à maîtriser. Certaines analyses sont d’ailleurs pertinentes et dignes que l’on s’y attarde.
Mais le détail des mesures laisse perplexe et n’a qu’un mérite, celui d’être un peu décevant.
Créer une carte « Musique en ligne » pour inciter les jeunes internautes à ne pas télécharger illégalement est un vœu pieux qui témoigne d’une méconnaissance flagrante du terrain et des pratiques.
Il est évident que le chemin de la régulation est le seul qui puisse être efficace en la matière. Nous avons fait des propositions en ce sens au Ministère concernant le Livre, et aucune n’a été retenue. L’alignement du régime du livre numérique sur celui du livre papier est la solution adoptée. Prix unique et numérisation à outrance. Là encore, c’est se tromper sur les pratiques des Français. A tout le moins concernant le roman. Le numérique n’est l’avenir que du livre technique. On sait pertinemment qui lit quoi. Et ceux-là sont très éloignés de l’univers numérique.
Chacun jugera de l’opportunité des mesures et, avec le temps, de leur efficacité…
« L’annonce » de Marie-Hélène Lafon
Raconter les amours de Paul, quarante-six ans, paysan à Fridières dans le Cantal, et d’Annette, divorcée de trente-sept ans qui vit dans le Nord avec son fils Eric, dont le père a fait de la prison, ça n’est pas très « vendeur ». On a vu Annonce plus alléchante…
D’autant que le style de ce cinquième roman de Marie-Hélène Lafon, paru chez Buchet-Chastel, est léché, travaillé, buriné par les heures et le talent. Et cela dérange un peu au début.
« La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. »
Comment la brutalité de la campagne peut-elle s’accommoder des ornementations d’un tel style ?
C’est ce que l’on finit par comprendre en suivant les protagonistes de cette histoire simple et forte. Car l’auteur sait ce que c’est que la littérature. Elle a compris qu’il faut des mots rares pour ne pas tuer le quotidien de la campagne. L’authentique jaillit du détail. Et Marie-Hélène Lafon fait mouche.
On est pris par cette histoire qui nous entraîne comme elle tient ses personnages dans les mailles de sa prose ; des êtres simples, à peine doués pour la vie, mais d’une vérité inaltérable.
Les fictions de France Inter
A l’heure où l’image domine et où la fiction télé est réduite à n’être qu’une importation de ce qui marche ailleurs ou une mise en scène de romans champêtres du XIXe siècle, il faut se féliciter de voir la radio investir son temps et son argent dans des oeuvres originales.
France Inter et France Culture diffusent ainsi chaque semaine de nombreux programmes – polars, comédies, fictions historiques -, d’une durée allant de vingt minutes à une heure, et dont le but est de saisir les auditeurs pour les accompagner après le repas dominical ou lorsque la ville dort. Et cette façon artisanale de créer un théâtre de l’écoute redonne certainement ses lettres de noblesse à un art qui repose avant tout sur un texte à faire entendre par des acteurs qui lui prêtent leurs voix.
Cette démarche nous autorise à nous réapproprier un sens qui se perd dans le bruit et de la fureur de nos sociétés. Et c’est tant mieux. L’écoute radiophonique est une expérience unique et précieuse pour l’auditeur autant que pour l’auteur et les comédiens qui le servent.
Tous les samedis à une heure du matin sur France Inter, Patrick Liégibel propose deux fictions dans le programme « Nuit noire – Nuit blanche », dont un polar et une comédie. Ce samedi 2 janvier 2010, la Nuit noire sera l’une des fictions que j’ai écrites récemment : « Le scénario ». L’occasion pour les couche-tard et les curieux de tendre l’oreille et de tenter l’expérience pour la nouvelle année…
Clavier chez Molière
Christian Clavier est à Molière ce que le Beaujolais nouveau est à l’œnologie, un breuvage populaire qui n’enchante ni n’étonne à force de le voir revenir sur la table. Autant dire que le simple énoncé de Clavier, l’acteur d’ « Opération corned-beef » et des « Bronzés », en Monsieur Jourdain a provoqué chez moi agacement et consternation annoncés. C’était sans compter sur le désert télévisuel du samedi soir qui m’a conduit aux premières minutes de ce programme diffusé sur France 3 et réalisé par Christian de Chalonge (« L’argent des autres », « Docteur Petiot »).
Je connais tellement le « Bourgeois Gentilhomme » pour l’avoir entendu plus de cent fois à la Comédie-Française dans la mise en scène de Jean-Louis Benoît avec Michel Robin dans le rôle-titre. J’y chantais alors les intermèdes de Lully et dansais la gigue. J’en ai les répliques à l’intérieur.
Après l’affliction, qui m’a retourné les tripes devant la première scène où maître de musique et maître de danse mêlaient le verbe faux à l’incrédulité de la situation qui les occupait, a succédé l’étonnement. Clavier en Monsieur Jourdain ! Il y avait, bien entendu, la mine que l’on connaît, les « heu » qui terminent les répliques, et cette énergie à ressorts qui lui est propre. Mais quelle justesse incroyable. J’étais stupéfait de voir dans chacune de ses intentions la vérité, pleine, pensée, conforme à la situation, au personnage, au sentiment. Molière comme je ne l’attendais pas.
Pourtant quel mauvais théâtre autour de lui. Michèle Bernier (Madame Jourdain), malmenant Molière comme on trie des patates dans un hangar, Pierre-Louis Calixte (Covielle et pensionnaire de la Comédie-Française, un comble !) marmonnant ses répliques et jouant tout à contresens, Constance Rousseau (Lucille) qui mâchonne son texte comme un chewing-gum qu’elle se refuse à cracher, François Vincentelli (Dorante) qui prend Molière pour une version costumée de « Plus belle la vie »… Seule Constance Dollé, juste, authentique et drôle dans le rôle de Nicole parvenait à tenir la dragée haute à Clavier que l’on redécouvrait. Son sens de la situation et de ce qui se cache derrière chaque réplique est étonnant. Une grande leçon sur les préjugés et les ressorts du théâtre. J’étais presque heureux de retrouver par hasard le talent rare qui avait germé sous le maquillage du travesti du « Père-noël est une ordure ».
Molière m’a joué une belle farce, samedi soir.
Sauver le Livre
Les propositions que nous avons faites courant novembre avec Xavier Houssin et Laurence Tardieu sur le statut des auteurs de l’écrit et l’évolution du Livre dans un univers numérique ne semblent pas avoir reçu un écho suffisant. Pas plus dans la presse que dans le milieu de l’édition. Et même si le politique n’a pas fait la sourde oreille, rien de concret ne semble se dessiner en la matière.
Je demeure persuadé qu’éditeurs et politiques feraient bien de prendre en considération les propositions les plus innovantes, quand bien même viendraient-elles des auteurs, s’ils ne veulent pas que le Livre suive le sort de la Musique. Vouloir sauver l’économie du Livre par une simple baisse de la TVA sur le numérique nous prépare des lendemains douloureux.
Il n’est ainsi pas inutile de revenir en détail sur les trois propositions que nous avons faites au Ministère de la Culture et à Hervé Gaymard.
La première mesure serait l’instauration d’une chronologie du Livre adaptée au numérique. Inspirée de la chronologie des médias, elle instituerait une période d’exclusivité pour les libraires durant laquelle les ouvrages ne seraient pas disponibles autrement qu’en format original papier relié. Une seconde période s’ouvrirait avec la vente d’occasion, puis la distribution en ligne sous forme de fichiers électroniques, avant une sortie en poche. Ces décalages dans le temps éviteraient une mise en concurrence par les prix entre les différents supports et donneraient ainsi davantage de visibilité aux acteurs qui s’investissent le plus dans la promotion des livres. Il apparaît ainsi évident qu’une sortie numérique concomitante à une sortie papier d’un même livre se ferait au détriment de l’ouvrage le plus cher et pénaliserait toute la chaîne du livre, ce que beaucoup ne semblent pas avoir réalisé.
Il serait souhaitable ensuite d’opérer une revalorisation et une meilleure répartition des sommes issues de la copie privée au bénéfice de l’écrit. L’importance croissante des usages numériques (iPod, clés USB, CD, Kindel, PC) ne doit pas s’opérer au détriment des auteurs de l’écrit. Conformément aux dispositions relatives à la copie privée, cette revalorisation devrait aussi servir à financer des actions d’aide à la création.
Enfin, un droit de suite perçu sur les livres d’occasion revendus sur Internet serait de nature à rééquilibrer le marché du Livre. Un pourcentage non-dissuasif du prix de revente serait versé aux différents ayants droits, auteurs et éditeurs, selon un mécanisme d’affectation spécifique à chaque bénéficiaire et non suivant une perception globale.
Christine Albanel vient de recevoir une mission relative au Livre numérique. Nos propositions pourraient se révéler innovantes et décisives en la matière. Qu’on les entende enfin à leur juste mesure.

