Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

Le papier au secours de la toile

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The_Reader_afficheIl y eut d’abord le roman, avant le cinéma qui donna à la littérature un coup de vieux. Les réalisateurs firent du théâtre filmé, et très vite s’en affranchirent pour créer un art neuf, indépendant et sans égal. Les romanciers ont alors cherché à rompre avec le genre et firent des histoires construites comme du cinéma avec travellings et plans séquences. Depuis quelques années, chacun était retourné en son jardin afin de cultiver son art. Mais le roman ne payant pas son homme et le cinéma étant à court d’idées, voilà à nouveau les deux mondes qui se cherchent. Les romanciers construisent des histoires scénarisées et le cinéma achète à tour de bras les droits audiovisuels de tous les livres à succès.

Le Liseur (the reader) qui vient de sortir en salles est un bon exemple de cette déferlante. Le livre de Bernard Schlink sorti en 1996 chez Gallimard est d’un abord facile, le style est dépouillé, l’histoire avance avec ce qu’il faut de rebondissements et le fond humaniste est fertile. Il y a tout ce qu’il faut pour produire un bon film. Inutile de déconstruire l’histoire pour transformer le roman en scénario.

Le film est fidèle au livre et tout à fait captivant. Juste ce qu’il faut de stars hollywoodiennes pour donner envie. Kate Winslet a obtenu l’Oscar ! Ralph Fiennes est formidable ! Par le réalisateur de Billy Eliot !

Que faire, alors ? Voir le film ?  Lire le livre ? Ensemble ?  L’un après l’autre ?  L’un ou l’autre ? Ni l’un ni l’autre ?

Commencez par le film, et le livre n’aura plus aucun intérêt car de littérature il n’y en a pas en dehors de l’intrigue. Lisez le roman avant d’aller au cinéma, et le film vous paraîtra fade, comparé à l’imagination qui aura guidé votre lecture. Pourtant, l’un et l’autre sont un tel plaisir.

Pic et pic et colegram…

Le temps viendra certainement où les romanciers penseront à nouveau la littérature et où le cinéma cessera de lorgner vers les best-sellers plutôt que de dénicher des auteurs de talent.

Alors un conseil : Repassez-vous un bon Capra et relisez Proust, la tension baissera d’un cran !

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Written by Renaud Meyer

juillet 8, 2009 à 5:14

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