Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

Jaroussky, le magnifique

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J’allais, il y a quelques années de cela, prendre mon cours de chant chez Nicole Fallien, qui après m’avoir offert de son temps et de son savoir lorsque j’arpentais la scène et les couloirs de la Comédie-Française, continuait de m’accueillir chez elle afin de poursuivre le travail entrepris. J’étais alors en avance et elle me demanda de patienter dans son minuscule couloir, tandis que l’élève qui me précédait terminait son ouvrage. Je me souviens, après plusieurs années, de mon ravissement, assis sur ma chaise dans l’entrée. La voix d’un ange, limpide et musicale. Je n’avais plus vraiment envie de chanter après lui, juste rester là, à écouter cette voix d’enfant, émouvante et magnifique. Le jeune homme, qui devait avoir un peu plus de vingt ans, m’a salué, puis il est parti. C’était Philippe Jaroussky. « Il va faire une carrière très brillante », m’a dit Nicole. Ses espoirs et son flair étaient grands, mais je ne sais pas si elle se doutait réellement que la transmission de son savoir allait faire de son jeune prodige, la star du classique qu’il est aujourd’hui à trente ans.

En assistant au concert de Jaroussky mercredi 16 septembre au Théâtre des Champs-Elysées, j’ai été émerveillé une nouvelle fois par la voix que j’avais entendue quelques années auparavant, contre-ténor adulé par la salle tout entière. Deux heures à chanter Jean-Chrétien Bach avec de l’or dans la voix, entouré par le cercle de l’harmonie sous la direction du jeune chef Jérémie Rhorer. Premier violon remarquable, vivacité du jeu, l’oreille était comblée.

J’ai reconnu l’art de mon professeur d’alors, faisant des merveilles avec le talent extraordinaire de Jaroussky : voix naturelle, musicalité sans failles, jamais désincarné, jamais forcé. C’était prodigieux.

Le hasard m’a fait justement rencontrer Nicole, ce mercredi, dans les couloirs du théâtre des Champs-Elysées. Quelle joie de se revoir. Je lui ai confié mon admiration pour l’art du jeune chanteur qui est son élève depuis maintenant douze ans. « On a bossé tous les jours, trois heures par jour, chaque note, jusqu’à atteindre la perfection », m’a-t-elle confié. J’ai compris que les anges ne volaient par hasard.

Il faut l’écouter dans cet aria de Vivaldi qui provoque les larmes. Un jeune prodige qui obtient la victoire de l’artiste lyrique de l’année devant Roberto Alagna. Jaroussky accompagné ce soir-là justement par sa professeur de chant…

www.youtube.com/watch?v=9zQX2XqAE8c&hl=fr

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Une Réponse

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  1. Bonsoir,

    Je suis moi-même fan de Philippe Jaroussky ! Avez-vous eu la chance de le rencontrer pour échanger plus qu’un bref salut ?

    Clara

    octobre 17, 2009 at 10:53


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