Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

Le ciel de Bay city

leave a comment »

titre_88.gif

Catherine Mavrikakis est née à Chicago, d’un père grec et d’une mère française. Elle enseigne la littérature à l’Université de Montréal. Belle alchimie pour faire de son roman « Le ciel de Bay city », paru chez Sabine Wespieser, une œuvre originale, maîtrisée, qui fascine et enserre les tripes, l’esprit, les souvenirs.

Il faut aller à « Bay City », parce que c’est le plus américain de tous les romans français, et parce qu’il y a l’invention de deux personnages disparus, aussi vrais qu’ils sont incroyables et fantasmés. L’idée est proprement formidable, et c’est là-dessus que tient secrètement le roman du début à la fin sans que l’on s’en rende vraiment compte.

On peut, bien sûr, être porté par le style de Mavrikakis. Qu’on en juge…

« De Bay City, je me rappelle la couleur mauve saumâtre. La couleur des soleils tristes qui se couchent sur les toits des maisons préfabriquées, des maisons de tôle clonées les unes sur les autres et décorées de petits arbres riquiqui, plantés la veille. Je me souviens d’un mauve sale qui s’étire des heures. Un mauve qui agonise bienveillamment sur le destin ronronnant des petites familles. Dès cinq heures du soir, quand les voitures commencent à retrouver leur place dans les entrées de garage, on s’affaire dans les cuisines. Les télés se mettent à hurler et les fours à micro-ondes à jouir. Les barbecues exultent, les skate-boards bandent, dilatent démesurément leurs roues en se cognant vicieusement sur les bicyclettes et les ballons de basket lancés contre un mur répercutent à travers les allées l’ennui de tout un continent. »

Plus loin, la quintessence de ce que le roman veut nous livrer, et dont Mavrikakis veut se délivrer : « Il faut des siècles pour se remettre de l’histoire de sa famille ».

Quoi encore ? Certainement cette phrase page 99, digne du meilleur Woody Allen par sa vérité souriante, mais que je garde pour moi de peur que vous ne manquiez à ce devoir impératif : vous rendre à Bay City au plus vite.

Publicités

Written by Renaud Meyer

octobre 5, 2009 à 1:46

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :