Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

La petite Catherine de Heilbronn, reprise

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Dans un décor crépusculaire composé de bâtisses inachevées, peut-être détruites par la guerre et le temps, magnifiques ruines gothiques, évoluent les personnages de « La petite Catherine de Heilbronn », drame de Kleist.

Catherine quitte son père pour suivre le Comte Wetter von Strahl. Quête des origines, mystère de l’amour, puissance des songes, c’est dans cet immense puzzle où s’associent les images et les mots qu’avance ce conte fantasmatique assez rarement monté.

On comprend que l’Odéon ait programmé cette reprise jusqu’à la fin décembre aux Ateliers Berthier. Il ne faut pas hésiter. La mise en scène intelligente d’André Engel et la scénographie inspirante de Nicky Rieti donnent toute sa profondeur au texte. Les acteurs n’ont plus qu’à se laisser porter par leur talent pour nous enchanter. La force de Jérôme Kircher (le Comte), qui tient entre ses bras le spectacle pendant deux heures quinze, et la limpidité naturelle qui s’échappe de la bouche de Julie-Marie Parmentier (Catherine) comme un filet d’or pur, sont un ravissement. Ils incarnent à eux deux la grandeur et la vérité.

Le théâtre devrait toujours s’incarner ainsi, dans cette alliance du verbe et de l’humanité.

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Written by Renaud Meyer

décembre 13, 2009 à 2:17

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