Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

Grands Prix SACEM

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La Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique remet depuis plus de trente ans ses Grands Prix à des artistes liés au monde musical et membres, bien entendu, de cette société de perception de droits. C’était hier, au théâtre du Rond-Point, sous la présidence de Claude Lemesle, accompagné d’Isabelle Giordano et de Claudy Siar à la présentation.

Jean-Michel Ribes rappelle que son théâtre engagé et militant est toujours rempli jusque sur les marches.

On goûte la décontraction d’Ivan Jullien, Grand Prix du Jazz.

On se souvient des années 90 avec Lionel Florence, Grand Prix de la création et auteurs des méga-tubes de Pagny, Obispo, Calogero, Christophe Maé.

On rit avec Jean-Louis Cap, Grand Prix de la réalisation audiovisuelle, qui nous a concocté un montage de ses émissions : « Les Guignols », « Les Nuls », « L’école des fans », « Les Césars ».

On est ému par l’humanité joueuse d’un Claude Bolling, Grand Prix de la musique pour l’audiovisuel, qui nous rejoue ses « Brigades du Tigre » et son « Borsalino ».

Plus tard, Allain Leprest, Grand Prix des Poètes, Anne Roumanoff, celui de l’humour, qui nous gratifie d’un sketch sur les cocktails mondains (très drôle), Manu Dibango, fidèle à lui-même.

Arrive David Guetta de retour des States, dégaine adolescente, répliques simples et innocentes de celui qui n’a rien vu grandir, ni son allure, ni sa musique, ni son compte en banque. « La SACEM, c’est un chiffre en bas à droite de ma feuille de relevés de droits ». Cathy se lève dans le public pour dire à son mari qu’elle l’aime, comme une mère à son fils chéri qui a si bien réussi là-bas. Et lui s’étonne que sa musique passe en boucle sur les radios américaines. Il sourit timidement, regarde le sol, sans bien réaliser. « Je ne suis qu’un D.J. » ça on l’avait compris, David.

Il y aura Bruno Mantovani, prodige de la composition symphonique, et Halit Uman, Grand Prix de l’édition musicale, avant que le plateau ne s’enflamme avec Higelin, clown lunaire et magnifique, grand enfant qui ose tout, qui dit tout, l’essentiel et l’artistique, avec un allant que l’on aimerait posséder, une grâce humaine hors normes. Grand Prix de la chanson française, il mériterait tous les autres. Celui de l’humour, de la création et de l’humanité. Il termine la soirée d’un « Champagne » offert comme dans un salon après une fête entre amis, simple, improvisé, inoubliable.

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