Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

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Traces de la bête au Palais de Tokyo

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A flâner dans les musées, on déniche parfois la perle que l’on n’attendait pas. L’expo photos qui vous a fait traverser Paris est terminée, alors vous vous laissez emporter par une curiosité à laquelle vous n’auriez jamais songé.

Amos Gitaï, cinéaste israélien de renommée mondiale, a installé les « Traces » d’une bête à la monstruosité renaissante dans les sous-sols désaffectés du Palais de Tokyo, là même où furent regroupés les biens juifs spoliés durant la seconde guerre mondiale.

En déambulant parmi les ruines, on découvre les images de Gitaï, des films achevés ou en cours de tournage, comme cet étonnant « Lullaby for my father ». Ici la campagne de la petite-fille de Mussolini, là une vidéo tournée à Auschwitz, des hommes et des femmes dans la souffrance du totalitarisme sur les murs de brique de ce sous-sol.

Le parcours est unique par la force des sens qu’il convie au souvenir. L’image prend vie sur les murs, l’odeur des gravats monte au nez, les voix résonnent et se perdent. Et ce que l’on prend, en entrant, pour de l’esbroufe cultureuse se transforme malgré nous en une expérience profonde et inédite.

 

Written by Renaud Meyer

mars 2, 2011 at 11:30

Impressions sur Monet

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Il faudrait rester des heures devant une œuvre de Claude Monet, attendre qu’elle vous pénètre, en silence, par le simple jeu des lumières. Patienter dès l’aube devant une toile, guettant le couchant, sans un mot.

Bien sûr, au Grand Palais, les gens parlent. Ils expliquent Claude Monet. Officiellement. On appelle cela des guides. Ou bien officieusement. Des gêneurs, dans ce cas. Tout juste faudrait-il lire Proust tandis que les visiteurs traversent les salles. Rien à commenter chez Monet. Attendre, sentir, pleurer intérieurement devant tant de beauté : les Nymphéas de Giverny, Londres crépusculaire, la cathédrale de Rouen, la gare Saint Lazare, la jeune femme à l’ombrelle de 1875. Comme autant de fenêtres sur la vie.

Je ne croyais pas que l’émotion pût avoir ce visage.

C’est jusqu’au 24 janvier, et il ne reste que peu de places.

 

Written by Renaud Meyer

novembre 24, 2010 at 2:51