Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

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La philo en seconde

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Descartes

La philosophie sera enseignée dès la classe de seconde, de façon expérimentale, à partir de 2011. L’info a fait le tour des rédactions sans provoquer pour autant de débat. Tout au plus assiste-t-on à quelques remarques pour savoir si quinze ans, ce n’est pas trop jeune pour réfléchir aux notions de beau et de bien, à la nature de l’Etat et à la signification des mathématiques et autres sciences. Trop de matières déjà, disent les uns. Gain de temps pour le bac, disent les autres.

Le débat n’est assurément pas là. Car vouloir apprendre la citoyenneté à des lycéens en les faisant descendre dans la rue sans y attacher la réflexion qui doit nécessairement y précéder, c’est former volontairement des masses aveugles et moutonnières.

La philosophie, loin d’être une cerise sur le gâteau de l’apprentissage, est au cœur de la compréhension du monde. Et il est certain qu’en ces temps d’obscurantisme, où la pulsion dame le pion au choix pensé, la philosophie n’est plus de mise, ligotée qu’elle est par des adversaires masqués (pensée simple d’internet, pensée composée par la télé, pensée figée des fondamentalistes).

Non seulement la philosophie n’a pas d’âge (pour être apprivoisée), mais elle devrait précéder tous les apprentissages. L’affrontement des idéologies du XXe siècle a laissé derrière lui un vide sidéral. Le libéralisme se veut concret et sans état d’âme. Le gauchisme se rêve idéal et bonne âme. Entre les deux, point de parole. Penser est devenu suspect, et la philosophie une utopie conservatrice.

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Written by Renaud Meyer

novembre 19, 2010 at 7:55

Le théâtre au centre du monde

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Le bac n’avait rien de romanesque, en L comme en S.

L’acteur crée-t-il le personnage ?

La Fontaine avait la réponse avec son bœuf et sa grenouille.

Le Très-Haut Nicolas S. voulait être Dom Juan, mais le geste et l’habit de Feydeau lui vont tellement mieux. Voilà l’acteur trop petit pour se hisser vers son personnage. Comment croire à la pièce ?

La fervente Royale manque de conviction dans la réplique. Elle joue une autre pièce, un autre auteur.

Le Modeste, quant à lui, est descendu dans la salle pour dénoncer le jeu des autres acteurs.

La vieille fureur est cachée dans la coulisse, où seule passe encore sa voix qui beugle un texte vieux comme la haine.

« Scène nationale cherche auteur de talent pour personnages à la merci des acteurs ».

Allez, passons à des questions plus estivales ; dès demain. Vacances pour tous !

Written by Renaud Meyer

juin 22, 2009 at 6:46

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