Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

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rentrée littéraire, la tendance

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Toutes les rentrées littéraires ont la même tête. Ces sœurs jumelles se succèdent autant qu’elles se ressemblent. On sait d’avance la valse des prix, les livres qu’il faudra lire, les grands noms et les plus petits, etc. Il y a un ordre à tout cela, immuable et empreint d’un déterminisme propre à l’espèce littéraire.

On peut cependant déceler, en y regardant bien, des mutations éditoriales et des tendances nouvelles.

Du côté des éditeurs, le virage du numérique est enfin pris. L’iPad a donné le coup d’envoi qu’il ne fallait pas rater. Pas certain pourtant que les maisons d’édition sortent victorieuses de la course. La faute stratégique majeure (que j’avais prédite il y a plusieurs mois) étant d’avoir fixé un prix du livre numérique identique à celui du livre papier. L’industrie de la musique (qui a largement souffert de la mutation numérique) a vite compris que le prix en ligne ne pouvait être identique à celui du CD. Et puisqu’il est question de comparer les deux industries, notons l’artisanat qui règne encore dans l’industrie du Livre à côté de la musique, le peu de moyens mis en œuvre pour vendre l’objet littéraire (ce qui explique des tirages dérisoires), et donc l’aléatoire des rémunérations. D’où un turn-over très faible des auteurs. Là où l’édition présente chaque année un tiers de jeunes talents, la musique en offre les deux tiers. Et cela demande des moyens que l’édition ne se permet pas, ce qu’elle paye sur ses ventes. C’est là une constante déjà ancienne.

Du côté des auteurs, le virage est résolument social. De quoi est-il question dans les livres ? De l’homme, plongé dans l’entreprise et les préoccupations urbaines. Ça n’est pas une tendance totalement neuve, mais elle s’ancre désormais chez les auteurs novices comme chez les plus chevronnés. Ici le suicide dans l’entreprise, là la construction d’un pont, la violence sociale un peu partout, et puis la détresse humaine. Les écrivains s’interrogent désormais de façon sociologique, mêlent les vrais journaux aux fausses enquêtes, délaissant souvent l’autofiction bien ordonnée.

Difficile pour ces deux partenaires obligés que sont écrivains et éditeurs de trouver les mots justes. Car, comme le faisait remarquer Sollers, « la plupart des romanciers écrivent aujourd’hui en pensant à l’adaptation de leurs livres au cinéma », encouragés qu’ils sont par les éditeurs. Chacun s’interroge sur cet avenir commun et, in fine, sur celui de la littérature.

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A quel Toussaint se vouer ?

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Difficile de connaître la vérité sur Toussaint. Pas facile de répondre, de se décider, à l’aimer parce que sa prose est franchement exaltante ou le détester parce que ses histoires sont définitivement sans intérêt.

J’avais abandonné, il y a quelques années, cette « Salle de bain » grâce à laquelle il était entré dans le cénacle des auteurs qui comptent, mais où je m’étais senti furieusement à l’étroit après quarante pages, tellement que j’avais fui avant la fin, pourtant proche, de ce court récit de cent vingt pages.

C’est donc un peu à reculons que je suis entré dans cette « vérité sur Marie », paru chez Minuit, sur les conseils d’une Marie, qui n’est pas ma femme, qui elle aussi s’appelle Marie. Et le hasard (?) veut qu’il y ait deux Marie dans cette histoire…

Toussaint pose implicitement une question essentielle relative au roman, à son art : L’histoire est-elle le nerf de la guerre ou bien un prétexte à déployer un style capable de saisir le lecteur ? Pas de réponse à cela, bien sûr. Car du style, il y en a chez Toussaint, simple et flamboyant, mais trop souvent pour nous égarer, faire de l’auteur un démiurge qui nous promène à sa guise, tandis que les chemins qu’il propose, et nous séduisent d’emblée (le début du roman), il les abandonne à la vitesse de l’éclair, pour nous perdre, trop longtemps, le temps d’un roman, dont la fin pourtant nous emballe.

Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand

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La situation des écrivains est fragile. Ce constat n’est pas nouveau. Mais notre volonté de défendre notre métier autant que son objet, le livre, nous apparaît essentiel. Voilà pourquoi nous avons décidé avec Xavier Houssin et Laurence Tardieu d’adresser une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand afin d’attirer son attention sur le statut des auteurs de l’écrit. Cette lettre a paru dans Livres Hebdo vendredi dernier et paraîtra dans Marianne samedi prochain. En voici la teneur…

DE LIVRES ET D’EAU FRAÎCHE ?

Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand

Par Xavier Houssin, Renaud Meyer, Laurence Tardieu*

Être écrivain et pouvoir continuer à l’être. Depuis combien de temps, Monsieur le Ministre, parle-t-on de notre statut ? Un problème rebattu, penseront certains. Hélas, surtout peu débattu…

La mise en place de la mission « Création et Internet », que vous avez confiée à Patrick Zelnik, Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, et qui doit rendre ses conclusions le 15 novembre prochain, nous apparaît l’occasion de rouvrir le débat avec vous. Nous avons besoin de vous, Monsieur le Ministre. Pour vivre.

La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d’un statut social protecteur. C’est le cas des professionnels de la télévision, du cinéma, du théâtre et de la danse.

Pour exemples, le créateur d’une œuvre audiovisuelle perçoit une rémunération en sa qualité d’auteur et un salaire pour son travail technique durant le tournage et sa préparation. Lorsqu’il ne travaille pas, il est pris en charge par l’assurance-chômage. Un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage et reçoit une rémunération supplémentaire si le film dans lequel il a joué est diffusé à la télévision.

Les écrivains mettent un, deux ans, ou plus, pour écrire un livre. Les moins mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d’auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15 % des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l’éditeur. L’absence de statut social protecteur et la précarité financière qui en découle génèrent la multiplication des petits boulots de l’écrit, allant de la pige à la rédaction publicitaire, qui diluent l’œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaires.

Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu’écrivain est un métier et qu’il faut que les gens qui l’exercent puissent en vivre ? Et pensez-vous, en la matière, que cela devrait participer de cette fameuse « exception culturelle française » à laquelle nous sommes si attachés ?

Certes, l’écrivain n’est pas l’unique acteur du livre, mais il en est l’intention première. Et il serait juste qu’il ne demeure pas le seul à ne pouvoir en vivre, tandis que d’autres acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires) y ont leur statut social et y trouvent, pour certains, une réelle pérennité financière.

Le rapport rédigé par Sophie Barluet en 2007 et la mission Gaymard sur la situation du livre de mars 2009 ont insisté, chacun, sur la nécessité de maintenir le prix unique du livre et aussi de soutenir les différents acteurs de sa chaîne afin de préserver, toujours, cette « exception française ». Qu’en est-il dans la réalité ?

Le rapport Gaymard estime à quelque 55 000 les auteurs de livres en France, qu’il s’agisse des écrivains, des illustrateurs ou encore des traducteurs. Sur ce nombre, seuls 2500 dépendent de l’AGESSA (Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs à laquelle l’affiliation n’est possible qu’à partir de 7500 euros de revenus annuels), et vivent donc majoritairement avec les droits perçus au titre de la propriété littéraire et artistique. Les autres doivent exercer une activité différente à titre principal. Les 7500 euros nécessaires pour être pris en compte par l’AGESSA peuvent, certes, être atteints sous conditions grâce à des revenus annexes comme des interventions en milieu scolaire ou l’animation de débats. S’agit-il du même métier ? Les bourses d’aide à l’écriture, les résidences d’écrivains restent gouttes d’eau dans l’océan des Lettres. N’est-il pas temps de repenser vraiment la place des écrivains dans l’environnement culturel et de leur assurer ainsi des moyens financiers pour avancer dans leur travail ?

En 1927, Edouard Herriot déposait un projet de loi visant à créer une Caisse nationale des lettres alimentée par une taxe sur les œuvres entrant dans le domaine public. Financer la création des auteurs vivants par le succès des auteurs disparus ? Belle idée. Quelles avancées depuis ?

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques vient de faire 10 propositions dans le cadre de la mission « création et Internet ». Parmi celles-ci figurent la création d’un compte de soutien aux auteurs d’œuvres audiovisuelles auprès du Centre national du cinéma, ainsi que la contribution à un fond de soutien à la création des recettes publicitaires générées par Internet. Ces propositions, qui ne concernent que les auteurs dramatiques et le monde audiovisuel, sont l’exemple d’un véritable engagement. Mais qu’en est-il des auteurs de l’écrit dans ce débat sur l’économie numérique ?

Serait-il aberrant d’imaginer par exemple, en demeurant au cœur de cette question, que l’on puisse réfléchir autour du « droit de suite », comme il existe sur les ventes successives des œuvres d’arts plastiques ? Un auteur doit-il être exclu des bénéfices de la revente de son livre sur Internet ? Au moment où cette revente des ouvrages via un certain nombre de réseaux de distribution devient un élément à part entière de la chaîne de diffusion du livre, est-il possible de se passer d’une régulation qui intègre ces nouveaux acteurs ? La condamnation des pratiques de numérisation sauvage des livres par Google montre d’ailleurs combien cet attachement à l’écrit et au droit d’auteur n’a pas disparu malgré les avancées technologiques.

Toutes ces questions, vous le savez, font partie intégrante de l’avenir du livre. Les auteurs désirent votre écoute, Monsieur le Ministre. Et ils attendent de participer activement à ce débat, convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l’avenir.

  • Xavier Houssin est écrivain et journaliste. Dernier titre paru : La mort de ma mère. Buchet-Chastel, 2009.
  • Renaud Meyer est écrivain et comédien. Dernier titre paru : Tabloïds. Le Mercure de France, 2006.
  • Laurence Tardieu est écrivain. Dernier titre paru : Un temps fou. Stock, 2009.

Apprendre à écrire

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imagesEnseigner l’écriture créative, le « comment écrire », n’a, à priori, aucun sens. Ecrire est un acte solitaire, libre, unique, inattaquable autant qu’indéfendable, sans règles ni politesses. Et toutes les paroles pour corriger un texte, l’infléchir, le refuser ou lui attribuer des louanges sont vaines. Détaché de son auteur, le texte suit invariablement son cours. Et il faut en accepter l’augure.

Cette condition de l’écriture ne m’empêche pas cependant de me rendre chaque semaine à Paris III, où des étudiants viennent suivre mes ateliers d’écriture. Fiction radiophonique avec les uns, écriture théâtrale avec les autres.

Pourquoi accepter alors cet inutile, cet enseignement impossible ? On n’apprend pas à faire un dialogue, pas plus qu’à développer son imagination.

J’ai compris avec le temps que l’écrivain pouvait malgré tout transmettre son désir d’écrire – comme l’acteur sa foi en la scène – ses doutes et ses envies, et puis, au-delà de l’intime, les fausses techniques et les vraies inspirations. Mettre sur la route, donner confiance face à la nuit effrayante de l’écriture, apprendre à respirer seul dans ce monde construit à l’ombre de la vraie vie.

Moi-même, j’y reviens, chaque semaine, pour m’observer dans ce miroir de l’écriture, interroger avec eux les fondamentaux, « qu’est-ce qu’écrire ? », « qu’est-ce que le théâtre ? », un personnage, une situation. Tout ce à quoi il ne faut pas répondre de peur d’en briser le cœur.

Written by Renaud Meyer

octobre 20, 2009 at 12:22

Tuer les bonnes idées

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1234016519_cinemanBientôt sortira dans les salles le nouveau film de Yann Moix, « Cinéman », l’histoire d’un prof transporté malgré lui dans l’univers du cinéma et qui passe de films en films à la recherche de la femme idéale. L’idée est des plus séduisantes.

Mais que faire des bonnes idées ?

Le premier spectacle que j’ai conçu, co-écrit et mis en scène, voilà maintenant quinze ans, s’intitulait : « Le rêve était presque parfait ». Il s’agissait des péripéties d’un homme qui s’assoupit dans une salle de cinéma et plonge dans l’écran à la recherche de la femme de ses rêves, bravant les obstacles sous les apparences de James Bond, Chaplin, Bogart, Ben-Hur et bien d’autres. Le défi théâtral était amusant, même si l’idée n’était pas neuve. Buster Keaton avait déjà, en 1920, construit un film semblable.

Moix est habitué aux bonnes idées et à leur meurtre. Son roman Podium était l’exemple même d’une imagination fertile gâchée par un esprit potache et désinvolte. Pas de style, pas de sincérité. L’ébauche d’un bouquin génial qui devait faire date. Et la déception était à la hauteur de l’attente. Mieux vaut faire un grand roman avec une idée stupide.

Et il suffit de parcourir la bande-annonce de « Cinéman » pour être envahi par le même sentiment. Quel gâchis annoncé. Bien sûr, il va remplir les salles. Mais quel déballage de gages potaches et de répliques arrachées à l’air du temps. Pas de sincérité dans le regard de Franck Dubosc, pas de sincérité dans la caméra de Moix. Comme disait Jouvet : « il y a des textes et des prétextes ». Ce faire-part de décès m’attriste.

Written by Renaud Meyer

octobre 16, 2009 at 10:13

Hugo for ever

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kq8ouev7Ecrivains, lecteurs, éditeurs, journalistes, libraires, bibliothécaires, tous sont des passeurs, et c’est ce qui lie ces êtres dissemblables, cet amour du livre, qu’il faut partager dans une admiration impérative.

Ainsi, peu importe que « Olympio ou la vie de Victor Hugo » ait paru en 1954 et que son auteur, André Maurois, ne soit plus à la mode, puisque que c’est un ami précieux qui me l’a offert, que la somme en est admirable, et que de passeurs il est ici question ; j’exécute cet office à mon tour.

Le portrait de ce monstre de littérature est un chef-d’œuvre du genre. Car c’est en romancier que Maurois nous guide, nous fait aimer le maître, comprendre ce qui le hante, toucher du doigt son œuvre. On suit l’amant infatigable, le mari aimant, le poète épris d’absolu et dont le talent est au service de l’ambition. Et puis c’est la mort de Léopoldine, la folie d’Adèle, la mort de Charles. Trois enfants. Et Hugo, toujours debout, que la littérature et la politique animent malgré le malheur.

On ne compte plus, au fil de cette vie qui nous saisit, les moments jubilatoires. Les dessous de la Comédie-Française accueillant Hernani, ces servantes qui dorment dans la chambre attenante pour les plaisirs du maître, l’amitié avec Sainte-Beuve dont s’est éprise la femme d’Hugo, la centaine d’ouvrages que lit le poète pour composer Cromwell.

On ne lâche pas ces 500 pages, on s’y engouffre, et puis vient un sentiment irrépressible, partager son plaisir. C’est chose faite.

« Olympio ou la vie de Victor Hugo », Hachette Littérature, 1985.

Ecrire

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les-lieux-de-marguerite-duras_referenceVoilà la grande question de la littérature.

Je me suis longtemps posé le comment.

Construire le roman, avec classicisme ou renouveau, d’un seul trait ou comme un patchwork, à tous les temps, ailleurs et ici, raconté par moi, par la femme, l’homme, l’enfant, irréel, historique, long, court.

Et puis le théâtre, à deux ou à dix, hier chez les autres ou bien aujourd’hui chez moi, avec des tirades ou des répliques courtes, dans le silence ou la logorrhée, et puis les acteurs, en tête pendant l’écriture ou bien oubliés.

Comment écrire la radio, aussi. Et le scénario. Penser en images. Penser en voix. Penser au temps. Aux modes.

Longtemps hanté par la forme, et cette phrase de Valéry en incipit de mon blog.

Il y a des ouvrages magnifiques sur le comment. « Lettres à un jeune romancier » de Vargas Llosa, chez Gallimard. Véritable boîte à outils intelligente du romancier.

Il y a l’essai de Kundera, « Le rideau », toujours chez Gallimard, pour comprendre ce qu’est un vrai romancier.

Et puis cet article paru dans le Monde des Livres du 25 mai 2007, signé Hédi Kaddour : « Romancier, un métier de pointe ». Qu’on en juge : « Le roman a horreur de l’éditorial, cette plaie de la prose… Un vrai romancier, ça ferme sa gueule, pour que quelque chose puisse enfin parler : le montage… Le roman est un lancer. Et, pour tendre la trajectoire, il y faut l’invention d’une langue. Le simulacre d’une langue, paroles sur des feuilles. Ne pas écrire comme on parle, ne pas parler comme un livre, aller de l’avant. »

J’ai longtemps médité ces phrases qui parlaient de ma solitude.

Et puis, il y a quelques jours, j’ai découvert « Ecrire », de Marguerite Duras, paru en 1993 chez Gallimard, tandis que je lisais « l’Amant » pour la première fois. Je me suis senti fils, de Duras et de sa solitude, immédiatement, irrémédiablement.

La question du comment n’existe pas en écriture.

Me serais-je égaré, depuis sept ans que l’écriture m’a capturé ?

Duras nous livre l’écriture dans la chair. Je ne résiste pas : « Je crois que c’est ça que je reproche aux livres, en général, c’est qu’ils ne sont pas libres. On le voit à travers l’écriture : ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. Une fonction de révision que l’écrivain a très souvent envers lui-même. L’écrivain, alors il devient son propre flic. J’entends pas là la recherche de la bonne forme, c’est-à-dire de la forme la plus courante, la plus claire, la plus inoffensive. Il y a encore des générations mortes qui font des livres pudibonds. Même des jeunes : des livres charmants, sans prolongement aucun, sans nuit. Sans silence. Autrement dit : sans véritable auteur. Des livres de jour, de passe-temps, de voyage. »

Avancer dans l’inconnu de cette nuit de l’écrire, il faudra s’y résoudre, désormais.