Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

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Internet contre la démocratie

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Le magazine Books organisait hier un débat à Sciences po sur le thème « Internet contre la démocratie ». Une problématique incandescente à dimension internationale dont Books a fait le cœur de son numéro de mars-avril. On sait désormais la qualité des articles qui paraissent dans Books. Intelligents, novateurs, pointus.

On s’attendait donc à voir émerger de ce débat la quintessence d’une pensée dont la hauteur de vue et la modernité ne manqueraient pas d’être impressionnants. On fut un peu déçus. Auditeurs et intervenants. Par le manque de débat, l’absence de dialogue. Et puis de synthèse, car il n’y en eut point.

Les cas de la Russie, de l’Iran et de la Chine ont été passés au peigne fin. Les régimes totalitaires font d’Internet une arme au service du pouvoir, la censure se double souvent d’une autocensure des Internautes qui s’interdisent d’aborder certains sujets. Quant au cas Russe, il est particulier en cela qu’Internet est le seul médium libre tandis que la presse et la télé sont muselées. Ainsi, Internet ne joue pas contre la démocratie, mais la démocratie permet à Internet de fonctionner librement. De manière moins manichéenne, à chaque régime son Internet.

Ce qui a cependant échappé aux intervenants – à l’exception peut-être de Pierre Assouline, pour qui le Savoir ne saurait être bradé sous couvert de démagogie démocratique et d’Olivier Bomsel, excellent analyste des mécanismes économiques engendrés par le Net et grand défenseur du droit d’auteur -, c’est le nécessaire glissement sémantique qu’il fallait opérer des valeurs démocratiques à celles de la République pour être pertinent face à la question posée.

En effet, la démocratie n’a rien à craindre d’Internet puisque l’essence même du rêve démocratique est la création d’un lien direct entre les hommes sans institutions ni représentativité, ce que revendiquent tous les internautes.

Internet ne menace pas la démocratie, mais les valeurs de la République. L’internaute est dans la jouissance immédiate d’une liberté de tout dire, d’une égalité des savoirs (qu’ils émanent du savant comme du néophyte) et d’une fraternité virtuelle où tout est possible. Cette jouissance sans foi ni loi, et donc sans désir, sans prise en compte de l’autre et du réel, ne peut que saper les valeurs de la République tout en les revendiquant. Et cette jouissance sans limites ni désir est bien au cœur des tensions qui secouent notre société.

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Written by Renaud Meyer

mars 17, 2010 at 5:36

La mémoire perdue de Mark Zuckerberg

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Facebook, réseau social créé par un jeune Américain du nom de Mark Zuckerberg dont la propension à communiquer in vivo avec ses congénères était infinitésimale, pèse aujourd’hui quelques milliards de dollars. Cent millions d’internautes y sont connectés en permanence, et la non-appartenance à cette communauté mondiale – qui veut nous faire croire que les amis de mes amis de mes amis de mes amis ne me sont pas inconnus – sonne comme un crime de lèse ringardise. J’ai ma page, j’ai mon réseau, j’ai plein d’amis avec lesquels j’échange mes goûts, mes photos, mes expériences, et plus intime si stupidité… Certains facebookeurs l’ont appris d’ailleurs à leurs dépens en s’affichant avec d’illégitimes conquêtes.

Mark Zuckerberg, geeker en sandales et capuche, se retrouve à la tête d’une entreprise florissante capable aujourd’hui de concurrencer les géants du secteur. Car son trésor de guerre, ce n’est pas tant le réseau social qu’il a créé avec ses petites mains que la masse colossale d’informations dont il dispose sur cent millions d’internautes : couleurs des yeux, photos des enfants, loisirs favoris. Zuckerberg sait tout sur tout et tout sur vous, les vôtres et ceux qui vous connaissent. Certains évoquent déjà Orwell et son 1984. On peut penser plus gravement…

Je viens de passer plusieurs semaines à lire « La destruction des Juifs d’Europe », triptyque de 2300 pages de Raul Hilberg qui décortique la mécanique minutieuse et infernale de l’Holocauste. Expropriations, concentration, déportations, destruction, justifications. Une somme colossale et inégalée d’un processus inédit dont on ressort rincé et légèrement abasourdi.

Quel rapport avec Facebook ? Le point de départ du processus de destruction et son arme essentielle : les listes de noms et leur appartenance à une communauté définie ; cette lame de fond des régimes totalitaires. Tout part de là et tout y conduit.

Zuckerberg a perdu la mémoire, s’il en avait une. Il devrait réfléchir à ce qu’il a créé et qu’il garde comme un trésor, ou une bombe… Voilà bien le problème du geek en sandales et capuche, un peu inconscient de la vraie vie, celle qui – au-delà du virtuel – ne peut écraser sa mémoire comme celle d’un disque dur.

Written by Renaud Meyer

février 27, 2010 at 1:12

Sauver le Livre

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Les propositions que nous avons faites courant novembre avec Xavier Houssin et Laurence Tardieu sur le statut des auteurs de l’écrit et l’évolution du Livre dans un univers numérique ne semblent pas avoir reçu un écho suffisant. Pas plus dans la presse que dans le milieu de l’édition. Et même si le politique n’a pas fait la sourde oreille, rien de concret ne semble se dessiner en la matière.

Je demeure persuadé qu’éditeurs et politiques feraient bien de prendre en considération les propositions les plus innovantes, quand bien même viendraient-elles des auteurs, s’ils ne veulent pas que le Livre suive le sort de la Musique. Vouloir sauver l’économie du Livre par une simple baisse de la TVA sur le numérique nous prépare des lendemains douloureux.

Il n’est ainsi pas inutile de revenir en détail sur les trois propositions que nous avons faites au Ministère de la Culture et à Hervé Gaymard.

La première mesure serait l’instauration d’une chronologie du Livre adaptée au numérique. Inspirée de la chronologie des médias, elle instituerait une période d’exclusivité pour les libraires durant laquelle les ouvrages ne seraient pas disponibles autrement qu’en format original papier relié. Une seconde période s’ouvrirait avec la vente d’occasion, puis la distribution en ligne sous forme de fichiers électroniques, avant une sortie en poche. Ces décalages dans le temps éviteraient une mise en concurrence par les prix entre les différents supports et donneraient ainsi davantage de visibilité aux acteurs qui s’investissent le plus dans la promotion des livres. Il apparaît ainsi évident qu’une sortie numérique concomitante à une sortie papier d’un même livre se ferait au détriment de l’ouvrage le plus cher et pénaliserait toute la chaîne du livre, ce que beaucoup ne semblent pas avoir réalisé.

Il serait souhaitable ensuite d’opérer une revalorisation et une meilleure répartition des sommes issues de la copie privée au bénéfice de l’écrit. L’importance croissante des usages numériques (iPod, clés USB, CD, Kindel, PC) ne doit pas s’opérer au détriment des auteurs de l’écrit. Conformément aux dispositions relatives à la copie privée, cette revalorisation devrait aussi servir à financer des actions d’aide à la création.

Enfin, un droit de suite perçu sur les livres d’occasion revendus sur Internet serait de nature à rééquilibrer le marché du Livre. Un pourcentage non-dissuasif du prix de revente serait versé aux différents ayants droits, auteurs et éditeurs, selon un mécanisme d’affectation spécifique à chaque bénéficiaire et non suivant une perception globale.

Christine Albanel vient de recevoir une mission relative au Livre numérique. Nos propositions pourraient se révéler innovantes et décisives en la matière. Qu’on les entende enfin à leur juste mesure.

Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, suite.

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Après la lettre ouverte adressée au ministre de la Culture en octobre sur la précarité des auteurs et parue dans Livres Hebdo, Marianne et Rue 89 (23 et 31/10/2009), nous avons été reçus avec Xavier Houssin et Laurence Tardieu, le 25 novembre 2009, par le conseiller Livre, Pierre Lungheretti, Nicolas Georges, directeur du Livre et Geoffroy Pelletier, chef du département de l’économie du Livre.

Les nombreux soutiens d’auteurs reçus confirment que notre désarroi est à la conjonction d’une réalité économique âpre et d’une absence de statut.

Nous avons donc demandé que puisse être mise en place une réflexion autour du statut de l’auteur, statut qui permettrait une meilleure prise en compte fiscale et l’ouverture facilitée de droits à la protection sociale.

Il semble, malgré l’apparente bonne volonté de nos interlocuteurs, que ce débat sur le statut ne soit pas à l’ordre du jour. Pas davantage que la recherche d’une baisse significative du montant minimum des droits d’auteurs nécessaires à l’affiliation à l’AGESSA, qui, pour l’instant, exclut du bénéfice de la protection nombre d’auteurs de la littérature.

Par contre, une série de discussions positives sont en cours, notamment en matière fiscale, et un relèvement du plafond des revenus dits « accessoires » pour le maintien de l’affiliation à l’AGESSA est à l’étude.

Ces aménagements de la condition d’auteur, ne peuvent se concevoir sans la prise en compte du nouvel environnement numérique qui décidera certainement de notre rémunération dans l’avenir.

Nous avons insisté sur la nécessité d’une revalorisation et d’une meilleure répartition des sommes issues de la copie privée au bénéfice de l’écrit.

Un droit de suite, également, perçu sur les livres d’occasion revendus sur Internet et versé aux ayants droits pourrait être établi.

L’instauration, aussi, d’une chronologie du Livre adaptée au numérique, inspirée de la chronologie des médias.

Les usages contractuels apparaissant pour le moins disparates, nous avons évoqué enfin la création d’une commission de médiation de l’écrit, composée d’écrivains et d’éditeurs et présidée par un magistrat dans le but d’établir des règles communes à l’ensemble des parties.

Les propositions relatives à l’environnement numérique du Livre semblent avoir été entendues par nos interlocuteurs.

A suivre…

Procès en sorcellerie

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swisstxt20091008_11325051_6La vindicte médiatico-populaire qui se déchaîne sur Frédéric Mitterrand est révélatrice à bien des égards des bouleversements profonds qui secouent notre société.

Sur le fond, on retrouve ce que j’avais dénoncé dans « Tabloïds », roman paru au Mercure de France en 2006. La désignation par la presse d’une victime expiatoire chargée de purger la société de toutes les mauvaises pensées qu’elle peine à s’accorder. Et voilà le bon peuple emporté par cette vengeance venue du fond des âges, renouant avec la tragédie antique, prêt à tout pour apaiser ses frustrations. J’ai suffisamment dit dans cette œuvre de fiction tout ce que je pensais de cette presse faisant ses choux gras de la misère humaine et de la place désormais accordée à l’enfant dans notre société. Le parricide et le génocide, crimes autrefois ultimes, sont remplacés par l’infanticide, faisant ainsi de la pédophilie la plus abominable des dérives intérieures.

Ce déplacement des valeurs communes a créé des amalgames auxquels nous assistons un peu partout. En Angleterre, avec la création d’une liste de dix millions de personnes amenées à s’occuper de jeunes enfants… En France, avec ce détestable amalgame entre homosexualité et pédophilie, et le postulat selon lequel un majeur ayant une relation sexuelle avec un mineur est un pédophile. Alors combien de pédophiles, qui comme moi, ont couché à 20 ans avec des jeunes filles de 17 ans ? Je me revois accueilli par des parents bourgeois qui encourageaient et louaient les relations que j’entretenais avec leurs filles mineures. Complicité donc, par personnes ascendantes ayant autorité. Et nous étions légions parmi mes congénères… Tous pédophiles ! Passons.

Sur la forme, cette succession de mises au ban, allant de Polanski à Mitterrand, n’est que la cristallisation d’un phénomène plus grave : celui de la mise à mort de notre démocratie via Internet, de l’éclatement des valeurs de la République et de la remise en cause de la place de l’intellectuel dans notre société.

Frédéric Mitterrand a fait œuvre de littérature, il a ouvert cette faille humaine qui nous guette tous, cette part sombre dont nous sommes faits et qui nous hante, celle des interdits. En parler, c’est déjà la combattre. Et c’est le devoir de l’artiste et de l’intellectuel que de la révéler. On veut, dans cette guerre souterraine, la peau de ceux qui pensent, comme dans tout bon régime totalitaire. Fi donc de la liberté d’expression, de l’égalité entre les individus et de la fraternité qui fondent nos relations. Voici la foule, que j’avais tellement crainte dans Tabloïds, de retour sur la Toile, seul juge à bord de ce nouveau vaisseau virtuel dans lequel nous sommes tous embarqués et qui voudrait nous imposer ses règles. Tous juges des événements, tous égaux, tous libres de refonder un monde à part.

Finkielkraut, invité à se prononcer sur France Inter concernant les affaires Mitterrand et Polanski, a eu cette phrase ô combien remarquable : « Avec Internet, l’art est désormais comme un outrage à l’égalité ». C’est que l’on ne sait plus ce que recouvre cette notion juridique d’égalité qui veut qu’à situation différente s’applique un régime différent. Elle qui a été le socle de notre République et du progrès social.

Ces métamorphoses ont précipité l’éclatement des valeurs mais aussi celui du paysage politique. La gauche est morte depuis de nombreux mois. Et les soubresauts staliniens des quelques survivants sont trop nauséabonds pour que l’on s’y attarde. Voilà le retour des chantres de la morale rouge, jusque dans la presse, avec l’ahurissante parade de Laurent Joffrin, patron de Libération, trahissant son amitié avec Julien Dray au nom de la vérité journalistique : « Ne pas confondre l’ami et le journaliste, Julien. » Camarade, fais ton autocritique…

Le siècle des Lumières s’éteint à petit feu, la Renaissance est déjà loin, et nous voici de retour au temps des territoires, des seigneuries, de l’art primitif et de la vulgarité.

Création et Internet

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_DSC0106Chroniquer la rentrée littéraire, théâtrale ou cinématographique est un plaisir autant qu’une mission d’intérêt général. Mais il faut avouer que si toutes les œuvres finissent par disparaître dans le trou Internet, l’exercice tiendra bientôt du supplice de Sisyphe. Alors soyons un peu austères en cette rentrée, histoire de sauver ce qui nous fait encore vivre et vibrer. Car le sujet qui m’occupe, le sujet central, est bien celui-là : Internet et les créateurs. J’aurai, ici et ailleurs, l’occasion d’y revenir.

Les créateurs ont longtemps cherché à faire de leurs œuvres des actes politiques, s’inscrivant ainsi dans leur temps par une prise en charge affective de la société. L’artiste revendiquait sa liberté, son insolence, ses choix face au pouvoir en s’appuyant sur ceux qui le soutenaient. Et si le politique favorisait son épanouissement, l’artiste demeurait maître de sa parole, gardien de son œuvre, investissant son temps par son art.

Il faut avouer que la culture a implosé et que ses acteurs n’ont plus cette liberté. Non que le politique se soit empressé de la leur confisquer, mais simplement parce que notre temps fait des œuvres une denrée commune, transformant le bien de l’artiste en droit à consommer pour tous.

Et voilà le politique volant au secours de l’artiste.

Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, a lancé hier une mission de réflexion intitulée « création et Internet ». Il a chargé Patrick Zelnik, Président d’Impala et Président-directeur général de Naïve, de conduire une mission sur le développement de l’offre culturelle en ligne et la rémunération des créateurs et des entreprises des industries culturelles pour la diffusion de leurs œuvres sur Internet.  Jacques Toubon,  ancien ministre de la Culture,  ainsi  que Guillaume Cerutti,  Président  de Sotheby’s France, seront les deux autres membres de cette mission.

Pour Frédéric Mitterrand, la lutte contre le piratage des œuvres, via notamment Hadopi, constitue une condition nécessaire, mais non suffisante, pour faire d’Internet un vecteur privilégié de la diffusion de contenus culturels. L’objectif de la mission est donc de permettre aux consommateurs, aussi bien qu’aux acteurs de la création, de tirer tous les bénéfices de ce nouveau cadre juridique. Il s’agira ainsi de faciliter la circulation des œuvres et la libération des droits de celles-ci, et d’offrir un juste prix aux consommateurs. Quant à la rémunération des acteurs de la création, celle-ci devra tenir compte des ressources dégagées par les nouveaux modèles économiques. « Le progrès technique ne veut pas dire qu’il y ait obsolescence des principes », a rappelé Frédéric Mitterrand.

Cette mission, si institutionnalisée soit-elle, est une double chance. D’abord, parce qu’elle sera peut-être l’occasion pour tous les acteurs culturels d’être consultés sur leur avenir. Gens du cinéma, du théâtre, de la musique, de la danse, du livre. Ensuite, parce que le but de la mission est de trouver un équilibre entre les différents interlocuteurs (industriels, créateurs, consommateurs). Et c’est là que le politique doit, par son action, permettre au créateur de maîtriser à nouveau son champ d’investigation, afin que l’œuvre demeure un acte libre qui ne soit confisqué ni par le consommateur, ni par l’industriel.

Google rend-il stupide ?

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C’est un article paru, il y a un an, dans The Atlantic, sous la plume de Nicholas Carr, qui a mis le feu aux poudres. Google rendrait notre cerveau paresseux. Et c’est le fonctionnement du Net dans son ensemble qui nous entraînerait à penser différemment. La thèse de Carr a fait le tour de la planète.

Le mensuel Books, merveille d’intelligence et de pertinence, qui traite de l’actualité à travers les livres du monde, accompagne son septième numéro d’un dossier de quarante pages consacrées à un sujet complexe et explosif : « Internet rend-il encore plus bête ? » C’est donc supposer que nous l’étions déjà et que surfer sur le net n’aurait fait qu’accentuer les choses.

La grande question est ici de savoir si Internet est en train de tirer un trait sur la culture humaniste fondée sur la réflexion et le livre au profit du partage virtuel entre le plus grand nombre et de la gestion rapide des connaissances.

Books passe en revue des questions d’un intérêt remarquable avec une acuité qui ne faiblit pas à mesure que l’on avance dans le dossier. Tout est éclairant et jamais manichéen. Car de réponse, il n’y en a pas.

Oui, la lecture est en berne, Internet favorise l’amateurisme et l’à-peu-près, le cerveau devient paresseux, la toile laisse la place à tous les égocentrismes. Mais les auteurs du dossier de constater que la culture grecque était avant tout orale, que l’écrit y était synonyme de paresse intellectuelle, que les jeux sur ordinateur favorisent chez les jeunes le développement de compétences complexes et que la baisse du niveau culturel n’est pas due à Internet, mais au système scolaire. Que croire, alors ? Rien, si ce n’est que le monde change, qu’il sera différent demain, que l’on perdra d’une main ce que l’on gagnera de l’autre.

Les déchaînements autour de la loi Hadopi sur le téléchargement illégal permettent de mesurer l’écart entre les interlocuteurs. C’est l’affrontement de deux cultures, de deux âges, de deux conceptions du monde, et ce débat nous rappelle que les batailles entre Anciens et Modernes sont veilles comme le monde.

Alors deux conseils utiles : achetez Books (ou abonnez-vous !) pour vous faire une opinion et vous sentir moins bêtes ! Et n’oubliez pas qu’Internet n’est qu’un outil au service de la pensée et que célébrer un tube cathodique, une puce électronique ou du papier vous fera paraître définitivement stupide.

Written by Renaud Meyer

juin 28, 2009 at 6:50