Le blog littéraire de Renaud Meyer

Les belles oeuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. Paul Valéry

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Une cousine pour Alice

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William Mesguich aime le théâtre, viscéralement, par passion, héritage, nécessité intellectuelle. Un théâtre dans la peau, qu’il a édifié de façon itinérante durant de nombreuses années sur les routes de France et qu’il a posé plus récemment sur les scènes parisiennes avec une jubilation renouvelée et un talent salué.

Acteur, metteur en scène, chef de troupe, il explore les répertoires (Hugo, Calderon) et les genres, suivant les pas des metteurs en scène de sa génération, comme Demarcy-Motta, en direction du jeune public.

Il s’empare ainsi jusqu’au 9 avril les mercredis et samedis à 15 heures d’un texte inventif et frétillant de Charlotte Escamez, « Adèle et les merveilles », très belle variation sur les aventures merveilleuses d’Adèle, cousine imaginaire d’Alice.

Endormie, Adèle croise un chat qui aime la limonade, une brebis galeuse qui chante comme un pied, un ours trop bien léché, un hérisson rose à l’accent brésilien et d’autres personnages iconoclastes qui lui feront découvrir sa vocation enfouie : devenir journaliste. Ainsi, comme sa cousine, Adèle grandit grâce à ses rêves.

William Mesguich sait nous surprendre. Il fait feu de tout bois, il ose sans jamais déraper et nous emporte dans le monde d’Adèle avec une frénésie qui ravit les petits comme les grands.

C’est au Ciné 13 théâtre – 1, avenue Junot à Paris 18e, et c’est dans un fauteuil de cuir comme à la maison.

 

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Written by Renaud Meyer

mars 14, 2011 at 9:25

« Wanted » spectacle jeune public

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wantedpetula.JPGVoilà un certain temps déjà que le théâtre « subventionné » s’est emparé du jeune public, allant jusqu’à créer des Centre Dramatiques Nationaux à Strasbourg, Lille ou Lyon, dont la vocation était entièrement vouée aux enfants. Je connais bien ces structures pour avoir participé à des créations d’une grande qualité. C’est qu’il est question, lorsque le théâtre subventionné décide de monter un spectacle pour les plus jeunes, de déployer la même énergie que pour leurs aînés. « Faisons pour nos chères têtes blondes ce que nous ferions pour leurs parents : Texte solide, comédiens impliqués, mise en scène précise et surtout moyens financiers ».

Je me souviens de cette « Chasse au Snark », d’après Lewis Carroll, que nous avions montée avec le Théâtre des Jeunes Années de Lyon. Sept acteurs chanteurs, univers scénographique remarquable, co-production avec les opéras de Saint-Étienne et de Tours. Une véritable invitation à aimer le théâtre pour les 8-12 ans.

Ces derniers temps, les très grosses machines à théâtre du secteur public se sont mises au diapason. La Comédie-Française, qui avait fait une première incursion dans le jeune public avec Bouli Miro de Fabrice Melquiot, y revient ce mois-ci avec « Le loup » de Marcel Aymé, mis en scène par Véronique Vella au Studio-Théâtre.

Le théâtre de la Ville a, quant à lui, présenté en octobre la suite des aventures de Bouli Miro, avec « Wanted Petula ». Seule mise en scène cette saison de son directeur Emmanuel Demarcy-Mota. Le spectacle est remarquable de finesse, de folie, d’invention, de prise en charge du monde de l’enfance que l’on quitte pour entrer dans l’adolescence et des questionnements qui en découlent.

Bouli décide de quitter ses parents divorcés et remariés pour partir dans l’espace à la recherche de sa cousine Petula, dont il veut un baiser. Quête existentielle où l’on croise un « faux » Petit Prince, Neil Amstrong, des aïeux disparus et finalement Petula.

Il ne faut pas rater « Wanted Petula », en tournée à la Comédie de Reims du 10 au 14 novembre et de retour à Paris au 104 (104, rue d’Aubervilliers Paris 19e) du 19 au 23 décembre.